30. nov., 2020

Le 29 Novembre 2020

 

       Il existe deux grandes options de sens au mot. La première, étymologiquement utilisée depuis le 13° siècle, fait référence à ce qui est correspondant à la loi. La seconde est plus une acception étendue de l’idée ; légitime est celui (mot ou personne) à qui on reconnait une raison d’être d’un point de vue de conformité avec une éthique. Être légitime est donc être reconnu soit par la loi soit par un collège apte à apprécier cette légitimité.

 

       Si quelqu’un émet une idée, aborde un point de vue, offre une lecture d’une situation, avance une pensée élaborée, il peut être ou non pertinent, mais a priori en aucun cas légitime. Sauf à ce que cette avancée soit entérinée par des pairs ou des personnes nanties d’une certaine… légitimité.

       Dépassons l’aspect sémantique du mot ; tentons d’appréhender plus largement la notion de légitimité, alliée donc à celle de pertinence.

 

       Dans son coin, l’individu qui a reçu un certain nombre d’informations sur ce qui l’entoure, que ce soit par biais d’éducation ou d’observation, élabore pour lui-même une certaine conception des choses. Elle est pertinente puisque appuyée sur le réel, le perçu avec attention. L’être va mentalement, voire par écrit, établir une réflexion autour des pensées qui lui en viennent. Il va peut-être ériger un concept, asseoir sa vie dessus. Il va peut-être tenter de partager cette conception, ne serait-ce que pour l’éprouver au regard d’autrui, ou bardé de sa certitude de pertinence influer sur les comportements autour de lui.

       De l’écoute qui lui sera accordée, de l’envie de le suivre ou de l’épauler va naître ou pas une certaine légitimité. Pour peu qu’il soit un peu charismatique, qu’il n’entrave pas, ne heurte pas d’emblée la conception des choses des autres êtres autour de lui, son émission va s’étendre. Il va offrir ses vues à plus de légitimité… ou se voir opposer des détracteurs.

       Si l’individu est reconnu comme issu d’une formation, d’un courant, d’un groupe, il y a fort à penser qu’il bénéficie d’une certaine écoute. On donnera force ou poids à sa pertinence, mieux parfois, il sera reçu comme légitime dans son aptitude à formuler une telle pensée.

 

       Or, le brave quidam, vous, moi, votre voisin ou collègue, « l’élucubratif » de comptoir, s’il émet les mêmes formulations, avance de pareilles conceptions tout autant étayées d’un bon sens, comme pour l’autre issu de ses observations ou de l’éducation qu’il a reçue, il y a fort à penser qu’aucune suite ne sera donnée… au même processus d’élaboration de la pensée, de l’idée, de conception. Aucune reconnaissance, pertinence et encore moins de légitimité ne lui sera accordée !

 

       Je vous offre cet avertissement : apportons à toute émission de pensée un minimum d’attention, confrontons là à la plus belle part de bon-sens qui nous habite. Il en va, je crois, du respect de la Pensée.

12. janv., 2019

Samedi 12 Janvier 2019

 

       Je rumine

 

    Je suis allé tantôt sur le site internet de l’Académie Française. J’y ai lu entre autres un superbe article-document sur la beauté et la richesse de la langue française, ce qui la distingue de ses « cousines » (Italienne et espagnole), mettant aussi en garde sur « ce qui se dit et ne se dit pas ». C’est un peu le nom thème d’arguments émis sur ces pages en faveur de notre belle langue.

    Bien évidemment, on ne s’attend pas en pareil endroit à des pamphlets fulminant sur ses errances et son dévoiement.

   En fait, au départ de ma démarche figure la recherche de l’origine de certaines règles visant à « surveiller » l’évolution de la langue. J’en ai été réduit à poser la question, ne parvenant pas à m’y retrouver dans la myriade d’articles publiés sur le site, ce même avec l’aide du moteur de recherche (il attend de nous des questions bien précises, appels à la règle, significations de mots)

    Afin de ne pas paraître cloche dans ce temple du bon usage des mots, de la syntaxe, de la règle grammaticale, j’ai soumis à l’appareil quelques mots que j’ai vus utilisés dans des textes. J’escomptais m’en servir pour point de départ de ma question argumentaire que je vous cite ici :

    Pourquoi les nouveaux verbes créés et ceux issus des néologismes font tous partie du premier groupe de conjugaison, entendez les verbes en ER et pourquoi non des deux autres groupes.

    Et de citer en exemple de mots que je trouve admirables, lus très récemment il est vrai, raison de leur prégnance à mon esprit, comme ardoir (verbe du troisième groupe) et arsir, verbe du deuxième groupe. Le dictionnaire même et correcteur orthographique automatique du site de notre sacro-sainte institution de la langue ne les reconnais pas. J’ai bien dit : reconnais, je ne prétends pas qu’il ne les connaisse pas. Même la quatrième version du dictionnaire officiel de la langue française ne semble pas les retrouver (de 1762, s’il vous plait !)

    Je me dois donc ici de vous en dire leur signification, commune puisqu’ils sont synonymes… d’enflammer (tiens, au passage, verbe du premier groupe). Et j’ai envie de vous poser cette question : « Lequel trouve le plus de grâce à votre compréhension voire votre appréciation ? »

 

    J’attends, ne soyons pas trop pressés tout de même, la Vieille Dame a ses langueurs bien compréhensibles, la réponse des sages. J’attends d’ailleurs surtout celle de leurs acolytes, adjoints à la commission du dictionnaire, car je serais très surpris que même l’assistante en personne de Madame la Secrétaire Perpétuelle soit chargée par cette dernière de me donner réponse. Je ne manquerai pas, qui sait, in extenso, de vous en faire part. Cela doit valoir son extrait de jus de mot !

 

    En attendant, avouez qu’il est assez frustrant de voir l’expression de nos verbiages réduits à de si simpliste, courte et fade expression : utilisation du minimum en matière de création de vocabulaire, qui plus est bien plus souvent édictés par la technologie si friande de diriger l’usage du langage en créant ses propres néologismes.

    Eh bien oui ! Issue de deux nobles langues—mortes, certes—la notre ne sait plus guère, sauf pour des mots d’ordre scientifiques, savants, aller puiser les bases de ses nouveautés dans ses racines. Et quand bien même irait-elle chercher dans d’autres idiomes ses bases nouvelles : pourquoi pas. Nous empruntons assez à d’autres langues de jolis mots. Notre belle langue est plurielle, disparate, d’une richesse incommensurable en raison même du puisage qu’elle a fait de ses nouvelles appellations des choses au cours du temps, de ses croisades, de ses luttes contres d’autres régions du globe, de ses conquêtes territoriales (même éphémères), des invasions qu’elle a subies, que sais-je encore… Elle peut bien faire—et ses représentants illustres en son nom—poursuivre cette entreprise, que diable (Tiens voilà que mon verbiage emprunte à Monsieur d’Ormesson !).

 

    Vous comprenez maintenant peut-être mon titre ? Oui, je rumine le sujet, et ce n’est pas d’hier. Et je peux aller jusqu’à dire tant j’ai rencontré de silence dans les couloirs virtuels de l’auguste institution : je fulmine !

 

P.S. : En fait si, on retrouve bien les mots arsir et ardoir sur le site de l'Académie Fançaise. Mais pas dans la partie dictionnaire. A partir du moteur de recherche général du site

Dont acte.

24. févr., 2017

Le 24 Février 2017

  

       Dans le grand débat personnel que vit chaque français d’aujourd’hui, deux France se font face. Chacun a droit à ses opinions, sa conception des choses publiques. Il y a ceux qui croient en la France d’aujourd’hui et ceux qui pensent que la France de demain doit être inventée.

 

       Nombreux, vraisemblablement majoritairement, sont ceux misent sur une conception traditionnaliste de la gouvernance d’un pays. Ce sont ceux que l’on appelle habituellement les gens de droite, mais pas seulement eux. Il y a aussi ceux qui pensent qu’il faut remettre les guides du pays à des mains fermes, garantes des traditions et de l’exception française, ceux qui veulent que l’on sauve ce qui les a érigés, ce qui a construit la France au travers des âges. Certains de ces gens d’opinion traditionnaliste ont aussi parfois une conception progressiste de l’état et de la façon de le diriger. Ils s’orientent vers une prise en main privée des affaires de la nation pour offrir aux Français des chances internationales de croître et de progresser.

       D’une façon générale, ce sont ces gens là qui ont en main les appareils d’état depuis des dizaines d’années. Peut-être même de façon ancestrale si l’on se rapportent également à ce qui fut fait sous d’autres régimes.

 

       Et il y a la France qui se cherche.

       D’aucuns seraient tentés de regrouper cette partie de la population sous l’appellation très réductrice des gens de gauche. Non, certains se prétendent de gauche qui restent très traditionnalistes. Il s’agit d’une toute autre part de la population.

       Penser demain différemment n’entre pas dans le fameux cliché du clivage Droite-Gauche. Et ce n’est pas parce que l’on pense partage et altruisme que l’on est de gauche, ce n’est pas parce que l’on défend les privilèges que l’on est de droite. Cette courte vue traditionnelle de la partition des conceptions est devenue obsolète.

 

       La France qui se cherche part à la découverte, à la conception d’un vivre autrement. On pourrait prendre le terme très réducteur de « réinventer » la vie. C’est beaucoup plus que cela.

       Vivre autrement c’est oser affronter l’inconnu. C’est accepter d’apprendre à découvrir des nouveaux modes de partages de la vie à l’échelle d’un pays, et, pourquoi pas, ouvert sur le reste du monde. Ceux qui cherchent ont une conscience très aiguë de devoir affronter tout ce qui régit notre vie, l’hyper-mondialisation, pour engager une autre façon de vivre. Ils savent qu’il va falloir bousculer les vues, sortir des clous que l’on a sciemment plantés pour guider le monde.

 

       Longtemps, ce sont les « écologistes » qui ont avancé ces nouveaux modes de conception. On les appelait ainsi parce qu’ils parlaient de sauver le monde en réinventant des façons naturelles d’empoigner la vie. Ce n’était que l’amorce de ce qu’il me semble émerger aujourd’hui.

 

       Il y a plus que deux France. Il y a le « couloir » et il y a la vie, à l’échelle planétaire.

18. janv., 2017

Le 17 et 18 Janvier 2017

 

           

       Les gens, nous, vous, eux, même moi, avons perdu, je crois, la signification de ce mot :

       « Alliance, union entre plusieurs pour une action commune, une association pour un intérêt commun ».

       Oui je sais, c’est assez loin du sens commun qu’on lui donne, de l’idée que bien souvent apriori on s’en fait. Il me semble qu’il nous faut nous éloigner de cette notion de puissance dirigeante qui s’y rattache. Il faut le faire, mais au profit de quoi ? Au profit de cette capacité à assembler pour le bien, l’action commune, somme d’individualités riche parce que plurielle, incomparable puisque forcément évolutive.

 

       L’un des grands maux qui ont altéré cette définition, allez, je le dis, suprême est la notion obligée de pérennité qu’on y a incluse. Les fédérations reconnues, avérées sont, il faut le reconnaître, devenues des symboles de puissance, sans que l’on sache qui de la fédération ou de son pouvoir l’a porté si haut, la rend presque invulnérable, inaliénable, ou son règlement. C’est un peu tout je dirai, en somme. D’ailleurs c’est bien souvent dans cet esprit qu’elles ont été érigées. Leur création, la raison mère, l’organisation qu’elles recèlent, leur gouvernance et leur éligibilité, les ont propulsées au rang de grandeur incontournable… jusqu’à ce qu’on en perde la notion de leur raison première. Tout simplement que l’on perde le sens de leur nom, commun, étymologique.

 

       Mon cœur libertaire, lui, n’oublie rien de cela !

 

       Je ne crois aujourd’hui en une fédération que si elle retrouve son sens premier et qu’elle n’est pas appelée à devenir pérenne, une fois son office accompli. Pas même la Suisse n’accueille en son sein cette notion essentielle : elle peut être renouvelable mais n’a rien d’éternel. C’est à le croire qu’on en arrive aux excès qu’elles portent en elles et leur perpétuation d’actions si peu « acquiessible ».

       J’ai le droit de reconnaître en une fédération le bienfondé de son existence. Je ne dois pas être obligé d’entériner ses actions, sa dénomination intrinsèque, perpétrées en son nom, au fil du temps, de la reconnaître telle une puissance incontournable. De même, à mon sens, ne devraient jamais s’appeler fédération des nations, des organes exécutifs notoires. La fédération ne s’habille vraiment de ce genre de « conscience » que si elle se voue à devenir caduque une fois accompli son « acte de naissance », si elle ne profère rien au-delà de sa raison d’être première.

       Si une constitution la fonde, elle devrait automatiquement perdre sa dénomination. La fédération constitutionnelle n’a aucune raison d’être. N’en nuise, sinon, à son esprit premier, je pense : humaniste.

 

       J’en appelle à se fédérer, pour valoir ce que de droit, tout ceux qui pensent cela. Et seulement vers ce but, cette raison. La fédération est une action, non un état de fait. Point final de sa raison d’exister.

 

       Nous accusons trop réception des dénominations à force d’octroyer un sens commun aux choses.

23. sept., 2016

Le 23 Septembre 2016

 

            Des relents de fureur.

 

      Vous marchez votre allant, guidé par le besoin, l’envie, la nécessité. Il se peut qu’il faille du temps avant que vous n’arriviez. Votre esprit se met « en mode attente ». Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

 

      Quelqu’un avait oublié ce pour quoi vous comptiez et l’idée vous en revient. Plus rien ne vous raccorde au moment que cette pensée que vous portez. Les intentions se déchaînent et vous n’en voulez pas. C’était hier, c’était il y a longtemps l’idée est de maintenant… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

      Vous souhaitez aller de l’avant, ainsi que vos pas vous mènent. Rien, pourtant, en vous de cette idée ne vous distend. Il faut au cœur ce baume, à l’âme autre que ce que l’esprit agresse… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein à vos pensées. Pourtant vous n’avez envie de céder à rien. C’était hier et quand bien même ce ne serait que demain. Vous vous étonnez de ce que votre for intérieur recèle… votre bouche rumine l’envie de tout effacer mais s’y mêle la bave d’une alacrité malsaine. Un autre soi attend une revanche que vous n’espérez pas. Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

      Qui va mener ? Qui va perdre ? Il serait si bon que votre quiétude l’emporte et partent à vaut l’eau tous ces mots qui vous harcèlent. On ne vit vraiment bien qu’en l’édification d’une pensée nouvelle. Vous tendez la main, écartez ce rideau aigre qui vous voile. Et vos pas sur le pavé raisonnent une sorte de danse, vos gestes brûlent d’emphase, vos pensée d’effet de manche. Les mots n’ont de pouvoir qu’en ce que la pensée résonne.

      Je vais, là, plus loin, à quelques pas de vous et cette obsession qui vous assaille frappe à mon oreille. Je vous détourne le dos, ose plonger mon regard dans le vôtre. Ai-je assez de foi pour tenter de vous convaincre : las, cessez de lutter ! Je ne vous souhaite qu’un peu de douceur, pas même écarter ces ressauts qui vous embrouilles mais… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein à vos pensées. Il va vous falloir apprendre à laisser fuir les mauvais sangs, les relents de haine. Seul pour vous ne doit compter que le présent.

      Vous marchez votre allant, guidés par le besoin, l’envie, la nécessité. Il se peut qu’il faille du temps avant que vous n’arriviez. Votre esprit se met « en mode alerte ». Laissez choir ce poison qui vous hante !

 

      Mais …Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

 

à Isabelle