24. févr., 2017

Le 24 Février 2017

  

       Dans le grand débat personnel que vit chaque français d’aujourd’hui, deux France se font face. Chacun a droit à ses opinions, sa conception des choses publiques. Il y a ceux qui croient en la France d’aujourd’hui et ceux qui pensent que la France de demain doit être inventée.

 

       Nombreux, vraisemblablement majoritairement, sont ceux misent sur une conception traditionnaliste de la gouvernance d’un pays. Ce sont ceux que l’on appelle habituellement les gens de droite, mais pas seulement eux. Il y a aussi ceux qui pensent qu’il faut remettre les guides du pays à des mains fermes, garantes des traditions et de l’exception française, ceux qui veulent que l’on sauve ce qui les a érigés, ce qui a construit la France au travers des âges. Certains de ces gens d’opinion traditionnaliste ont aussi parfois une conception progressiste de l’état et de la façon de le diriger. Ils s’orientent vers une prise en main privée des affaires de la nation pour offrir aux Français des chances internationales de croître et de progresser.

       D’une façon générale, ce sont ces gens là qui ont en main les appareils d’état depuis des dizaines d’années. Peut-être même de façon ancestrale si l’on se rapportent également à ce qui fut fait sous d’autres régimes.

 

       Et il y a la France qui se cherche.

       D’aucuns seraient tentés de regrouper cette partie de la population sous l’appellation très réductrice des gens de gauche. Non, certains se prétendent de gauche qui restent très traditionnalistes. Il s’agit d’une toute autre part de la population.

       Penser demain différemment n’entre pas dans le fameux cliché du clivage Droite-Gauche. Et ce n’est pas parce que l’on pense partage et altruisme que l’on est de gauche, ce n’est pas parce que l’on défend les privilèges que l’on est de droite. Cette courte vue traditionnelle de la partition des conceptions est devenue obsolète.

 

       La France qui se cherche part à la découverte, à la conception d’un vivre autrement. On pourrait prendre le terme très réducteur de « réinventer » la vie. C’est beaucoup plus que cela.

       Vivre autrement c’est oser affronter l’inconnu. C’est accepter d’apprendre à découvrir des nouveaux modes de partages de la vie à l’échelle d’un pays, et, pourquoi pas, ouvert sur le reste du monde. Ceux qui cherchent ont une conscience très aiguë de devoir affronter tout ce qui régit notre vie, l’hyper-mondialisation, pour engager une autre façon de vivre. Ils savent qu’il va falloir bousculer les vues, sortir des clous que l’on a sciemment plantés pour guider le monde.

 

       Longtemps, ce sont les « écologistes » qui ont avancé ces nouveaux modes de conception. On les appelait ainsi parce qu’ils parlaient de sauver le monde en réinventant des façons naturelles d’empoigner la vie. Ce n’était que l’amorce de ce qu’il me semble émerger aujourd’hui.

 

       Il y a plus que deux France. Il y a le « couloir » et il y a la vie, à l’échelle planétaire.

18. janv., 2017

Le 17 et 18 Janvier 2017

 

           

       Les gens, nous, vous, eux, même moi, avons perdu, je crois, la signification de ce mot :

       « Alliance, union entre plusieurs pour une action commune, une association pour un intérêt commun ».

       Oui je sais, c’est assez loin du sens commun qu’on lui donne, de l’idée que bien souvent apriori on s’en fait. Il me semble qu’il nous faut nous éloigner de cette notion de puissance dirigeante qui s’y rattache. Il faut le faire, mais au profit de quoi ? Au profit de cette capacité à assembler pour le bien, l’action commune, somme d’individualités riche parce que plurielle, incomparable puisque forcément évolutive.

 

       L’un des grands maux qui ont altéré cette définition, allez, je le dis, suprême est la notion obligée de pérennité qu’on y a incluse. Les fédérations reconnues, avérées sont, il faut le reconnaître, devenues des symboles de puissance, sans que l’on sache qui de la fédération ou de son pouvoir l’a porté si haut, la rend presque invulnérable, inaliénable, ou son règlement. C’est un peu tout je dirai, en somme. D’ailleurs c’est bien souvent dans cet esprit qu’elles ont été érigées. Leur création, la raison mère, l’organisation qu’elles recèlent, leur gouvernance et leur éligibilité, les ont propulsées au rang de grandeur incontournable… jusqu’à ce qu’on en perde la notion de leur raison première. Tout simplement que l’on perde le sens de leur nom, commun, étymologique.

 

       Mon cœur libertaire, lui, n’oublie rien de cela !

 

       Je ne crois aujourd’hui en une fédération que si elle retrouve son sens premier et qu’elle n’est pas appelée à devenir pérenne, une fois son office accompli. Pas même la Suisse n’accueille en son sein cette notion essentielle : elle peut être renouvelable mais n’a rien d’éternel. C’est à le croire qu’on en arrive aux excès qu’elles portent en elles et leur perpétuation d’actions si peu « acquiessible ».

       J’ai le droit de reconnaître en une fédération le bienfondé de son existence. Je ne dois pas être obligé d’entériner ses actions, sa dénomination intrinsèque, perpétrées en son nom, au fil du temps, de la reconnaître telle une puissance incontournable. De même, à mon sens, ne devraient jamais s’appeler fédération des nations, des organes exécutifs notoires. La fédération ne s’habille vraiment de ce genre de « conscience » que si elle se voue à devenir caduque une fois accompli son « acte de naissance », si elle ne profère rien au-delà de sa raison d’être première.

       Si une constitution la fonde, elle devrait automatiquement perdre sa dénomination. La fédération constitutionnelle n’a aucune raison d’être. N’en nuise, sinon, à son esprit premier, je pense : humaniste.

 

       J’en appelle à se fédérer, pour valoir ce que de droit, tout ceux qui pensent cela. Et seulement vers ce but, cette raison. La fédération est une action, non un état de fait. Point final de sa raison d’exister.

 

       Nous accusons trop réception des dénominations à force d’octroyer un sens commun aux choses.

23. sept., 2016

Le 23 Septembre 2016

 

            Des relents de fureur.

 

      Vous marchez votre allant, guidé par le besoin, l’envie, la nécessité. Il se peut qu’il faille du temps avant que vous n’arriviez. Votre esprit se met « en mode attente ». Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

 

      Quelqu’un avait oublié ce pour quoi vous comptiez et l’idée vous en revient. Plus rien ne vous raccorde au moment que cette pensée que vous portez. Les intentions se déchaînent et vous n’en voulez pas. C’était hier, c’était il y a longtemps l’idée est de maintenant… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

      Vous souhaitez aller de l’avant, ainsi que vos pas vous mènent. Rien, pourtant, en vous de cette idée ne vous distend. Il faut au cœur ce baume, à l’âme autre que ce que l’esprit agresse… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein à vos pensées. Pourtant vous n’avez envie de céder à rien. C’était hier et quand bien même ce ne serait que demain. Vous vous étonnez de ce que votre for intérieur recèle… votre bouche rumine l’envie de tout effacer mais s’y mêle la bave d’une alacrité malsaine. Un autre soi attend une revanche que vous n’espérez pas. Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

      Qui va mener ? Qui va perdre ? Il serait si bon que votre quiétude l’emporte et partent à vaut l’eau tous ces mots qui vous harcèlent. On ne vit vraiment bien qu’en l’édification d’une pensée nouvelle. Vous tendez la main, écartez ce rideau aigre qui vous voile. Et vos pas sur le pavé raisonnent une sorte de danse, vos gestes brûlent d’emphase, vos pensée d’effet de manche. Les mots n’ont de pouvoir qu’en ce que la pensée résonne.

      Je vais, là, plus loin, à quelques pas de vous et cette obsession qui vous assaille frappe à mon oreille. Je vous détourne le dos, ose plonger mon regard dans le vôtre. Ai-je assez de foi pour tenter de vous convaincre : las, cessez de lutter ! Je ne vous souhaite qu’un peu de douceur, pas même écarter ces ressauts qui vous embrouilles mais… Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein à vos pensées. Il va vous falloir apprendre à laisser fuir les mauvais sangs, les relents de haine. Seul pour vous ne doit compter que le présent.

      Vous marchez votre allant, guidés par le besoin, l’envie, la nécessité. Il se peut qu’il faille du temps avant que vous n’arriviez. Votre esprit se met « en mode alerte ». Laissez choir ce poison qui vous hante !

 

      Mais …Passent les mots, passent les idées… ni la raison, ni l’objectivité vous mène, il n’est pas de frein que vos pensées retiennent.

 

à Isabelle

4. juin, 2016

Les 3 et 4 Juin 2016

 

            De l’économie raisonnable

      Depuis quelques temps mon esprit est assez obnubilé par la situation économique et sociale actuelle, à ce point que je n’en arrivais plus à écrire, créer de l’écriture, de la fiction. C’est une litote de dire que le monde va mal. Il faut parvenir à mettre un coup d’arrêt à cette évolution catastrophique.

 

      Il ne s’agit pas ici de fonder les bases d’un revirement de situation. Ma démarche ne peut être de refonder le monde. Je veux seulement écrire ce qui me paraît être, au niveau de chacun, faisable pour influer sur la dérive. Rien ne sera effectif, efficient, d’emblée. Une courbe ne s’infléchit pas d’un coup de baguette. Elle se détourne en s’orientant au fur et à mesure de son avancée, point par point.

      Si les mouvements sociaux sont la juste représentation du malaise et de la colère de tout un chacun ou presque, il ne faut pas perdre de vue qu’ils ne résoudront en cas de victoire que des oppositions ponctuelles, des situations précises à un moment donné. Agir c’est cela bien sûr mais c’est aussi autre chose. Personnellement, je crois plus en des mouvements de zèle qu’en ceux d’arrêt du travail. Cela démontre mieux la complexité et la stérilité du système. Il faut du temps pour travailler et pour vivre et non du productivisme au sens où l’entendent les détenteurs de l’économie actuelle. L’argent aujourd’hui ne vaut plus rien. La multiplication des tentatives d’essor des économies parallèles le démontrent bien, même si elles s’avèrent des virgules dans l’existence trop souvent encore. J’y crois cependant, elles sont les bases d’une reconstruction d’économie saine. Si tant est qu’elles ne soient pas détournées dans le temps de leur but premier : sortir du système actuel.

      Il ne faut pas perdre de vue que chaque entreprise individuelle est la base de l’existence de l’individu. Il choisit son mode de vie. Même si l’on sait bien que bons nombres ne font que reproduire ce qu’on leur a appris, ce qui a été les fondements de leur éducation. Et c’est bien là que je veux en venir. Notre évolution, et à terme celle de la société, ne dépend que de l’entreprise de chacun en faisant pencher la balance par le sortir des schémas qui nous ont plongé dans le marasme. Toute recherche identitaire vaut  d’être menée à son terme. Sans elle, le monde n’est voué qu’à être constitué d’une société de moutons. Peu importe que certains veuillent continuer à vivre selon les standards actuels si c’est vraiment de leur volonté. L’important est que le nombre ne fasse plus foi et ne donnent plus droit à ce qui « doit être ».

      On observe bien que les individus aspirent à ce que changent les modes de vie sociale. Mais ils ne se montrent que peu désireux de sortir des modes  de vie économique. C’est qu’on ne leur a rien montré de différent à vivre.

 

      Vivre est avant tout une prise de conscience. Et c’est cette prise de conscience que doivent mettre en avant les systèmes éducatifs. Je dis bien « les systèmes » car il serait déraisonnable de penser qu’un seul prévaut sur les autres. Reste à savoir, à force de vivre, lequel serait le meilleur pour l’individu. Il n’est que de vivre pour le découvrir et à chacun de faire la démarche, l’effort de choisir le sien. Il faut pour cela envisager une culture de l’ouverture d’esprit. Voilà la seule vraie tendance acceptable, le modèle d’existence à instaurer. Je comprends tout à fait qu’il soit très difficile à envisager et plus encore de parvenir à l’instaurer. C’est qu’aujourd’hui prévaut la force du pouvoir quand devrait être mise en avant celle du choix.

 

      Depuis des lustres s’imposent à l’homme les raisons de la puissance et du pouvoir. Il n’a eu de cesse de les essayer toutes, d’appliquer et de suivre des modèles émergeant d’on ne sait où mais qui se sont imposés à lui.

      Force est de constater qu’il faille en sortir. Vivre c’est autre chose.

9. mars, 2016

Le 8 Mars 2016

 

             Enclave ou entrave

       Je ne sais pas si écrire, aujourd’hui, est une bonne chose.

       Et je ne sais pas des deux mots lequel est le plus fin, le plus apte à révéler les traits de l’esprit du moment. Entrave / enclave.

       Quand les ressources psychologiques de l’être se trouvent enfermées dans les méandres de ce que lui prodigue son esprit, quand les mots dont il use sont enchaînés à des idées qui ne peuvent clairement s’exprimer, l’être est-il enclavé dans un concept de la vie ? Ou est-il entravé par les filets qui cadenassent sa pensée ?

       Le souffle même manque pour dire ce qui va, parce que tout ne va pas mal, forcément, et le peu qu’on en a s’exténue à extraire le mal qui tenaille les tripes. On se pose pour ne pas s’exposer. On inspire le peu de fraîcheur d’air qui s’encanaille à vibrer autour, on le garde longtemps, trop peut-être, et l’on arrache dans un souffle ténu la pensée qui affleure la brûlante lave du magma de l’esprit.

       Je sais bien dit comme cela, ça peut faire peur, ou ça peut faire marrer. Il n’y a pas de quoi, pourtant, ni jubiler, ni s’effrayer. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Et d’ailleurs la crainte la plus grande tient en le temps durant lequel cet esprit est exposé à ces miasmes d’idées, ce qui leur est censé leur ressembler. Il ne faut pas jouer les trublions autour d’un esprit comme celui-là et faire croire ou dire que ce n’est que pantalonnades d’un saltimbanque enivré. Il faut y croire et il faut y être attentif. Celui qui vit en-deçà s’époumone dans le vide, dans un silence qui le terrorise. En face il n’est pas souvent de mots : on écoute, on laisse, on fait parler. Parce qu’il faut paraît-il que l’idée nauséabonde qui entrave—et c’est ici le juste mot—l’évolution de celui, celle, qui la subit s’extirpe du creuset où elle patauge, bouillonne de trop de fonte.

       Bienveillant ceux qui sont en face ? Compatissants ou seulement empathiques ? Veulent-ils seulement aider ou bien se tiennent-ils en retrait de quelque chose qui serait dangereux pour le reste du monde ? Va savoir ! Celui qui s’offre en pâture aux esprits qui le côtoient alors ne sait pas dire s’il est perdu au milieu de nulle part, ne sait pas dire s’il est retenu de vivre par le fiel des mots et des pensées, les griffes dans sa poitrine, dans ses entrailles. Il souffre. Terriblement.

 

       C’est à peu près tout ce que j’ai à en dire, le peu que mon souffle de bouts des doigts exhale sur le clavier.

 

       La réponse est peut-être dans les mots de Georges Sand : « L’esprit cherche et c’est le cœur qui trouve »