17. juin, 2015

58 ans !

Le 17 Juin 2015

 

  

    Les temps passent ; les jours s'égrènent, les gens me regardent : je ne les vois pas changer, ou si peu, pour la plupart. Et moi ? Changé-je ?

    Honnêtement, sincèrement, oui je pense ! Sans se fier trop aux apparences, elles sont trompeuses et puis je ne suis plus le fringant jeune homme (éternel jeune homme?) toujours partant pour soulever les montagnes, puis en faire le tour : je les regarde maintenant de loin et je leur en veux mais les aime. Elles me deviennent inaccessibles, ou presque.

    Mais au fond, et là il n'est que moi pour le dire, vraiment, je n'ai pas changé. Je me suis contenté d'évoluer en corrélation avec ce que la vie m'apporte de connaissances, d'éléments nouveaux. Il n'est seulement que je n'avais pas, avant, les mots pour me dire. Je végétais dans une soupe vocabulaire, me faisais bronzer sur des amas de sentiments, me baignais dans les flots d'incertitudes, ces fous points d'interrogations qui réverbèrent tout au long de mon chemin.

    J'ai aimé ces chemins, beaucoup moins les murs qui les contenaient, j'ai foulé sans tout savoir les graviers, les bitumes qui recevaient mes pas et j'ai toujours été certain, sinon de leur destination, du moins des horizons qu'il allaient m'offrir. C'est prétentieux ? Oui bien sûr ! Mais qu'importe. Je ne pense pas devoir être ni me sentir coupable d'appréhender ce qui se présente à moi avec l'air de celui qui revoit. Stoïque ! J'ai tellement pensé mes envies, j'ai tellement espéré ces horizons ! Allez : vous comprendrez peut-être que j'ai réfléchi avant d'allonger le pas.

    Réfléchi, beaucoup moins pensé.

    Aussi sans doute est-ce à quoi je dois me destiner. Las de courir, ou plutôt incapable de le faire, je vais reprendre brosses et palette que je n'aurai jamais dû lâcher. Je vais reposer mes mains sur la terre docile, lourde mais si belle. J'ai envie de reprendre les voies artistiques pour dessiner la vie. Celle que je vois, celle que j'imagine à venir, celle qui explose partout sa beauté.

    Ne me dites pas qu'il n'est pas que celle-là : je le sais ! Mais voyez-vous il ne faut pas donner d'importance, souligner du regard ce qui n'a pas lieu d'être. C'est donner bien trop de courage à cette foutue vie-là. Non ! Il nous faut autre chose et j'ai la prétention d'être toujours resté dans le vrai. Qu'y puis-je moi si les tentacules des tyrans sont si puissants. C'est hors de leur portée qu'il faut visiter le monde et fleurir la vie.

 

58 ans ; et tant de choses encore à faire, à vivre...