26. juin, 2015

Se glisser dans la vie d'un autre

Le 26 Juin 2015

Se glisser dans la vie d'un autre.

 

Écrire, cela n'a rien d'évident !

Vous avez des mots qui vous viennent à la bouche. Mais vous n'avez personne, surtout pas en particulier, à qui les dire. Et puis plus que des mots vous avez les idées, vos préceptes, ce qui vous fait vivre. Alors comment en parler ?

 

Eh bien vous faites comme ça, vous vous mettez devant une feuille de papier, crayon en main, ou devant un clavier et puis vous écrivez. À personne. Vous écrivez.

Il y a bien un peu une histoire qui vous titille les idées depuis quelques temps, quelque chose à laquelle vous pensez quand vous n'avez pus à penser à l'essentiel, mais ça n'a rien de rassurant, ce n'est pas fiable.

Or ils se trouve que quelqu'un s'impose dans cette idée. Il a sa vie propre, son histoire. Et vous, vous l'écrivez. Personne ne vous a invité, nul n'est venu vous chercher. Il y a vous avec vos idée, les choses qui importent et puis ce personnage avec sa vie qui est là, vie que vous ne pouvez pas inventer. Vous la racontez. Elle n'a rien d'extraordinaire. C'est une petite vie tranquille, qui ne fait pas parler d'elle, où il ne se passe pas vraiment quelque chose d'intéressant...

Stop ! C'est important une vie, quelle qu'elle soit.

 

Alors vous essayez de l'apprivoiser. Vous habitez, discrètement, dans l'endroit où elle se passe. Vous racontez les détail qui sont tout autour, ce qui se passe, même sans grand intérêt (la vie de tout le monde quoi, banale—sauf qu'elle est très personnelle!). Et tout d'un coup tout revêt de l'importance : la couleur de l'endroit avec ses nuances, les gestes que votre personnage fait avec patience, le bruit du monde tout autour, le temps qui habite toujours tout, la grande invasion du vert des paysages...

Et là vous êtes foutu. Vous êtes pris à la gorge et vous ne pouvez plus la faire vous lâcher. Il faut tout dire ! Il est là votre personnage, il vit, pleinement. Et vous vous rendez compte que les idées que vous avez lui importent ou qu'il y est confronté. Les mots que vous employez dans votre écriture sont ceux qu'il a l'habitude d'utiliser, tous les jours. Les soucis de sa vie, c'est justement toutes questions que vous vous posez. Le fait qu'il fasse beau dehors ou pas, cela compte énormément pour lui... et pour vous ! Ce sont les mêmes choses.

 

Tout se passe en fait comme si votre personnage venait de vous inviter auprès de lui. Et là : vous vivez. Vous êtes votre personnage. Rien ne peut échapper à votre écriture parce que tout d'un coup c'est à lui mais en même temps au travers de lui que vous arrivez à dire tous les mots qui gerçaient sur vos lèvres, les idées qui cheminaient à votre esprit et qui ont fait que vous vous êtres attablé. Inconsciemment, vous êtes dans la vie de l'autre