18. oct., 2015

souffrir

Le 17 Octobre 2015

et le 18...

 

Souffrir...

 

Il n'est pas, aujourd'hui je pense, de personnes qui n'aient connu de souffrance.

 

Je tiens à souhaiter à chacune de ces personnes sérénité et paix. On oublie trop souvent combien la douleur vient altérer ces deux principes de vie, de base. Je ne vais pas faire de distinction entre souffrance et douleur. Je veux que chacun comprenne bien qu'elles sont si étroitement liées que ce n'est pas la peine de faire de « distinguo ». Ce qui importe, chaque fois, c'est la déstabilisation de l'être. Très souvent même c'est à cette observation que l'on observe que l'autre va mal. Il a perdu partie de ses bases et rien que peu de chose vient faire chanceler son édifice.

Car au bout du compte, c'est l'intégrité de l'être qui importe le plus. Toute personne que vous rencontrerez et qui souffre n'est pas elle-même. Il faut bien savoir cela et faire autant que ce peut de le garder à l'esprit. Cette personne a un comportement, une attitude qui vient éveiller notre attention par sa bizarrerie, son anormalité—dans l'esprit où l'on ressent quelque chose d'anormal—doit nous faire penser, avant toute autre chose qu'elle est en possibilité de souffrance. Si cette particularité existe, alors il faut bien admettre que la relation ne peut être que faussée, dénaturée par rapport à ce qu'elle aurait du être sans la douleur, sans la souffrance.

Vous me direz que c'est très ordinaire, de fait, qu'après tout la souffrance telle que je la dénonce est le commun de tous. Mais oui, évidemment ! Vous savez, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes qui avaient « dépassé » la douleur. C'est magnifique savez-vous ? Elles se repèrent assez bien ces personnes. La douleur restant toujours en veille quelque part, elles vous font attendre d'autorité avant de se laisser aller à rentrer en relation avec vous. Elles instaurent une sorte de pas de porte infranchissable tant qu'elle ne l'ont pas décidé : c'est leur limite de sérénité. Elles ne veulent pas s'offrir derrière cette porte-là. C'est une force qu'elles ont puisée dans l'intelligence du cœur. Elle ne s'apprend pas. Elle se découvre.

Mais les autres ? Les autres ils vous tendent ce qu'ils ont de plus essentiel sur le moment : leur pauvre capacité à réagir. Ils ne sont pas vains, ils ne sont pas malsains. Ils souffrent !

Demain peut-être nous regarderons vers des horizons éblouissants. Mais tant que nous aurons de la souffrance dans les yeux...

 

J'ai pensé, très loin dans mon temps, que le possible existe. Et je ne veux croire qu'en cela. J'ai pensé que tous œuvreraient dans le sens et dans l'espoir de la paix et que la souffrance ne serait qu'une étape dans la mésaventure. Rien n'est venu encore corroborer cette pensée. Mais rien jamais n'est venu, non plus, l'infirmer. Alors je demande au monde : « soyez vigilants ». Il se passe, là, maintenant, un instant que vous pouvez cueillir et qui vous écartera à jamais des mondes terrifiants. Alors cueillez-le, quand bien même vous ne sauriez qu'en faire. Un jour il vous aidera à tenir la porte entrouverte, le temps que vous recueilliez le plus beau à tendre.

 

La souffrance appelle à l'apprentissage. Nous sommes tous, si nous le souhaitons, des apprentis sages.