18. janv., 2017

Fédération

Le 17 et 18 Janvier 2017

 

           

       Les gens, nous, vous, eux, même moi, avons perdu, je crois, la signification de ce mot :

       « Alliance, union entre plusieurs pour une action commune, une association pour un intérêt commun ».

       Oui je sais, c’est assez loin du sens commun qu’on lui donne, de l’idée que bien souvent apriori on s’en fait. Il me semble qu’il nous faut nous éloigner de cette notion de puissance dirigeante qui s’y rattache. Il faut le faire, mais au profit de quoi ? Au profit de cette capacité à assembler pour le bien, l’action commune, somme d’individualités riche parce que plurielle, incomparable puisque forcément évolutive.

 

       L’un des grands maux qui ont altéré cette définition, allez, je le dis, suprême est la notion obligée de pérennité qu’on y a incluse. Les fédérations reconnues, avérées sont, il faut le reconnaître, devenues des symboles de puissance, sans que l’on sache qui de la fédération ou de son pouvoir l’a porté si haut, la rend presque invulnérable, inaliénable, ou son règlement. C’est un peu tout je dirai, en somme. D’ailleurs c’est bien souvent dans cet esprit qu’elles ont été érigées. Leur création, la raison mère, l’organisation qu’elles recèlent, leur gouvernance et leur éligibilité, les ont propulsées au rang de grandeur incontournable… jusqu’à ce qu’on en perde la notion de leur raison première. Tout simplement que l’on perde le sens de leur nom, commun, étymologique.

 

       Mon cœur libertaire, lui, n’oublie rien de cela !

 

       Je ne crois aujourd’hui en une fédération que si elle retrouve son sens premier et qu’elle n’est pas appelée à devenir pérenne, une fois son office accompli. Pas même la Suisse n’accueille en son sein cette notion essentielle : elle peut être renouvelable mais n’a rien d’éternel. C’est à le croire qu’on en arrive aux excès qu’elles portent en elles et leur perpétuation d’actions si peu « acquiessible ».

       J’ai le droit de reconnaître en une fédération le bienfondé de son existence. Je ne dois pas être obligé d’entériner ses actions, sa dénomination intrinsèque, perpétrées en son nom, au fil du temps, de la reconnaître telle une puissance incontournable. De même, à mon sens, ne devraient jamais s’appeler fédération des nations, des organes exécutifs notoires. La fédération ne s’habille vraiment de ce genre de « conscience » que si elle se voue à devenir caduque une fois accompli son « acte de naissance », si elle ne profère rien au-delà de sa raison d’être première.

       Si une constitution la fonde, elle devrait automatiquement perdre sa dénomination. La fédération constitutionnelle n’a aucune raison d’être. N’en nuise, sinon, à son esprit premier, je pense : humaniste.

 

       J’en appelle à se fédérer, pour valoir ce que de droit, tout ceux qui pensent cela. Et seulement vers ce but, cette raison. La fédération est une action, non un état de fait. Point final de sa raison d’exister.

 

       Nous accusons trop réception des dénominations à force d’octroyer un sens commun aux choses.