Le juste fil

"J'ai rêvé d'un autre monde"
terre cuite originale
Anne Boisaubert

Le 19 Avril 2021

 

       Il y a dans le monde de très nombreuses régions merveilleuses. Leur découverte rend souvent baba d’admiration. C’est l’Univers qui nous l’offre, dans sa grande générosité, sa magnificence. Or, puisque nous avons seulement notre monde qui nous soit accessible, c’est une infime partie de l’existant. J’y vois un prodigieux appel à l’humilité.

       Et là, on touche un autre monde. A mon sens, il est tout aussi passionnant à explorer, source d’infinies et profondes découvertes : le monde de l’esprit.

       Bien sûr, il y est plus difficile, moins spontané, de s’ébaubir. Pourtant, les étendues y sont tout aussi gigantesques et incommensurables qu’en le monde physique. Les méandres et autres circonvolutions qui le constituent sont tout autant époustouflantes à mes yeux.

       Comme dans le merveilleux monde qui nous entoure, nous nourrit, nous accueille, il est des lieux très sombres, cauchemardesques et s’il n’était les mécanismes prodigieux qui les érigent, ils seraient bien âpres à découvrir. Car ils sont dignes, tout de même, d’un grand intérêt. Heureusement ce monde de l’esprit connait ses merveilles, recèle des qualités admirables. Parmi elles, l’une m’est chère entre toutes : la probité. Outre l’exigence qu’elle requiert, c’est plus particulièrement sa rareté et son exemplarité qui m’attirent, me ravissent. Elle est si précieuse que je m’étonne du peu d’individus enclins à la faire leur.

       Ses courbes, sa grâce, l’incroyable aptitude à se faire respecter me la rend incomparable. C’est une maîtresse exigeante, oui, mais quelle satisfaction, quel bonheur de l’honorer. Elle vous berce de volupté, vous couvre de bienfaits, vous entoure de réjouissances, vous… et, au-delà de s’en habiter réellement, profondément, elle est si difficile à rencontrer ! Car, il faut bien le dire, comme tout joyau, elle s’offre à une forte propension à être contrefaite. On touche alors au calcul, au sournois, à l’injustice, tous terreaux de l’opprobre, son antonyme. Elle est alors parée d’habits qui l’avilissent, ou, plutôt non, ce n’est pas elle qui est avilie—elle restera à jamais si pure ! —mais celui qui fomente la supercherie.

       Je ne vais pas m’attarder à l’étalage des exemples. C’est inutile. Et c’est si difficile à démontrer, à prouver. D’autant que cela peut nuire, ce qu’en tout je redoute. Je suis d’ailleurs bien tranquille : il faut effrontément manquer de scrupules pour la priver ainsi de respect

 

       Et après tout, au fond, chacun sait bien ce qu’il lui doit. Chacun connait très parfaitement ses propres manquements à son respect. Je m’étonne d’ailleurs (mais ce doit être ma naturelle propension à la naïveté) que cela ne dérange pas davantage tout celui qui ainsi se fourvoie ! Il faut sacrément manquer—de scrupule, donc—d’amour-propre, d’esprit de loyauté, de droiture… et honnêtement—justement—je reste toujours coi qu’on puisse un tant soit peu si éhontément s’exonérer de respect, envers les autres, déjà, mais encore pis envers soi.

 

       Parler des causes de tout cela ? Il vaudrait mieux chercher à résoudre l’imposture.

       Or, chez chacun, le moyen, la manière réside dans l’exemple ou il emploie sa forfaiture.

L'homme nait anarchiste

Lundi 6 Juillet 2020

           Communément, on considère le vivant comme la manifestation de ce qui progresse, évolue dans les êtres en général et les formes moins identitaires telles les plantes, ce qui pousse. Je ne m’arrête pas à cette conception. J’y adjoint tout ce qui se transforme. On ne sait jamais assez considérer ce qui nous dépasse, voire ce qui nous englobe.

 

       Se pose l’acceptation de la Vie. Mais qu’est-ce la Vie ?

       L’homme qui se dit supérieur en tout parce que sa conception à l’égard du vivant est suprêmement régi par l’intelligence dont il se conçoit l’expression la plus évidente, aboutie, donne de la vie une définition de la vie comme « l’ensemble des phénomènes biologiques communs aux êtres organisés qui évoluent de la naissance à la mort » dans un dictionnaire et pour l’Académie Française « l’activité spontanée propre aux êtres organisés, qui se manifeste chez tous par les fonctions de nutrition et de reproduction, auxquelles s’ajoutent chez certains êtres les fonctions de relation, et chez l’homme la raison et le libre arbitre ».

       C’est faire fi de ce qui anime le vivant plus inerte. Et aussi des manifestations qui bien souvent dépassent l’entendement de l’homme. Toutefois il semble logique qu’il en soit ainsi si l’on prend en compte que c’est l’homme qui en décide, l’homme qui définit les choses, lui qui explique tous les phénomènes en se référant et en s’appuyant sur son intelligence. On me permettra ici d’élargir la conception de la vie.

 

       La Vie est ce qui anime. Et par là il faut accepter jusqu’à l’évolution de la matière dans l’absolu. C’est parce qu’on évalue les choses à l’aune de ce qui nous est perceptible, dans une durée qui nous est perceptible, à l’échèle de la durée de la vie qui nous habite. Car nous ne sommes pas la vie. Nous ne représentons qu’une forme de son expression. Certes, nous, les hommes, sommes en mesure d’expliquer en grande partie ce qui nous entoure. Mais nous ne faisons qu’au travers de notre perception des choses et de la compréhension qu’on en a. Rien ne dit que ce concept est absolu, qu’il est acceptable par toute forme, expression de la vie. Nous ne sommes pas en mesure de percevoir toute la manifestation de la vie, non plus le ressenti que peuvent en avoir les choses animées par la vie. C’est dû au fait que nous n’accordons à l’intelligence que sa forme qui existe en nous.

 

       Je ne me situe pas, idéologiquement, dans cette tendance qui admet la création comme point de départ de la vie. Et je ne tends pas à l’évolution la capacité d’exprimer toute chose.

       Selon ma conception, il faut penser, comprendre, admettre bien plus largement l’expression du vivant. Quitte à provoquer un tôlé, je dis que le vivant est partout et qu’il a l’amabilité de nous inclure. « La Vie est ce qui anime la matière » ai-je dit. Il faut donc admettre qu’elle habite toute chose, confère une expression propre à chaque chose et pour une durée qui lui est toute aussi propre, aussi variable puisse-t-elle y être. Elle habite, anime, s’exprime par des manifestations très variées. Et elle quitte parfois son hôte, jusqu’à interrompre définitivement, perpétuellement son animation. Nous, humains, appelons cela la mort. La mort serait donc l’état de ce qui n’est plus vivant. Je pense que c’est un peu court ! Déserté par la vie, la matière continue son évolution, celle-ci se dégradant le plus souvent, se transformant, son infime partie qui la constitue étant « récupérée » par la matière vivante qui en a besoin pour continuer à vivre.

 

       Le vivant, ce qu’on nomme la vie des êtres, est l’évidence que la Vie existe. La Vie est une dimension qui nous dépasse. Elle a la gentillesse de nous animer. Soyons lui reconnaissants et soyons humbles devant elle. Je dirai ailleurs jusqu’où elle s’exprime.

La Vie

la Vie se cache parfois, l'enfant sait la dénicher, naturellement

Lundi 6 Juillet 2020

           Communément, on considère le vivant comme la manifestation de ce qui progresse, évolue dans les êtres en général et les formes moins identitaires telles les plantes, ce qui pousse. Je ne m’arrête pas à cette conception. J’y adjoint tout ce qui se transforme. On ne sait jamais assez considérer ce qui nous dépasse, voire ce qui nous englobe.

 

       Se pose l’acceptation de la Vie. Mais qu’est-ce la Vie ?

       L’homme qui se dit supérieur en tout parce que sa conception à l’égard du vivant est suprêmement régi par l’intelligence dont il se conçoit l’expression la plus évidente, aboutie, donne de la vie une définition de la vie comme « l’ensemble des phénomènes biologiques communs aux êtres organisés qui évoluent de la naissance à la mort » dans un dictionnaire et pour l’Académie Française « l’activité spontanée propre aux êtres organisés, qui se manifeste chez tous par les fonctions de nutrition et de reproduction, auxquelles s’ajoutent chez certains êtres les fonctions de relation, et chez l’homme la raison et le libre arbitre ».

       C’est faire fi de ce qui anime le vivant plus inerte. Et aussi des manifestations qui bien souvent dépassent l’entendement de l’homme. Toutefois il semble logique qu’il en soit ainsi si l’on prend en compte que c’est l’homme qui en décide, l’homme qui définit les choses, lui qui explique tous les phénomènes en se référant et en s’appuyant sur son intelligence. On me permettra ici d’élargir la conception de la vie.

 

       La Vie est ce qui anime. Et par là il faut accepter jusqu’à l’évolution de la matière dans l’absolu. C’est parce qu’on évalue les choses à l’aune de ce qui nous est perceptible, dans une durée qui nous est perceptible, à l’échèle de la durée de la vie qui nous habite. Car nous ne sommes pas la vie. Nous ne représentons qu’une forme de son expression. Certes, nous, les hommes, sommes en mesure d’expliquer en grande partie ce qui nous entoure. Mais nous ne faisons qu’au travers de notre perception des choses et de la compréhension qu’on en a. Rien ne dit que ce concept est absolu, qu’il est acceptable par toute forme, expression de la vie. Nous ne sommes pas en mesure de percevoir toute la manifestation de la vie, non plus le ressenti que peuvent en avoir les choses animées par la vie. C’est dû au fait que nous n’accordons à l’intelligence que sa forme qui existe en nous.

 

       Je ne me situe pas, idéologiquement, dans cette tendance qui admet la création comme point de départ de la vie. Et je ne tends pas à l’évolution la capacité d’exprimer toute chose.

       Selon ma conception, il faut penser, comprendre, admettre bien plus largement l’expression du vivant. Quitte à provoquer un tôlé, je dis que le vivant est partout et qu’il a l’amabilité de nous inclure. « La Vie est ce qui anime la matière » ai-je dit. Il faut donc admettre qu’elle habite toute chose, confère une expression propre à chaque chose et pour une durée qui lui est toute aussi propre, aussi variable puisse-t-elle y être. Elle habite, anime, s’exprime par des manifestations très variées. Et elle quitte parfois son hôte, jusqu’à interrompre définitivement, perpétuellement son animation. Nous, humains, appelons cela la mort. La mort serait donc l’état de ce qui n’est plus vivant. Je pense que c’est un peu court ! Déserté par la vie, la matière continue son évolution, celle-ci se dégradant le plus souvent, se transformant, son infime partie qui la constitue étant « récupérée » par la matière vivante qui en a besoin pour continuer à vivre.

 

       Le vivant, ce qu’on nomme la vie des êtres, est l’évidence que la Vie existe. La Vie est une dimension qui nous dépasse. Elle a la gentillesse de nous animer. Soyons lui reconnaissants et soyons humbles devant elle. Je dirai ailleurs jusqu’où elle s’exprime.