ANTI-MOT

Je souhaite juste dire, par là, l'essence de mon esprit

Mais point de propagande !

Meusre d'honnêteté ?

Le 16 Juin 2017

 

             On ne peut pas espérer !

 

       Le monde public et gouvernemental ne peut décidément nous porter à espérance. Alors que les aspirants aux fonctions majeures envisageaient de nous promettre une grande droiture au cœur même du fonctionnement, du travail de ceux en charge de nous représenter dans et par la loi, force est de constater qu’ils ne font l’économie d’aucun recul.

 

http://www.liberation.fr/france/2017/06/15/loi-de-moralisation-macron-enclenche-la-marche-arriere_1577004

 

       Je n’ai pas pour habitude de verser dans la naïveté ni de croire aux effets d’annonce, mais tout de même. Dans les propos tenus à l’aube de l’accession à la magistrature suprême, promesse nous avait été faite de sévèrement réglementer les conditions d’exercice de mandats électoraux. Un mois et demi plus tard, on le voit, de sérieux coups de canif ont été portés dans les engagements. La loi—et elle risque de plus d’être amendée, sûrement point dans le bon sens—ne prévoit plus la rigueur envisagée. Il restera possible d’user de stratagèmes, comme avant, pour obtenir des faveurs, exercer avec rapport d’intérêt des fonctions privées, susceptibles d’ourdir des influences, voire des pressions, que sais-je encore. Rien ne va vraiment changer sous le ciel de notre France.

       Alors bien sûr, je ne croyais pas foncièrement que tout serait parfait et nous garantirait des travers dont usent les personnalités en vue depuis tant et tant de temps. Mais j’espérais, oui, vraiment, qu’un peu de morale s’immiscerait dans les rapports à la chose publique. Je me suis dit que l’honnêteté pourrait gagner son droit de cité. Il n’en sera rien, ou si peu.

       Entendons-nous : je ne dis pas que nul n’y veille. J’avance seulement qu’il ne sera possible pas d’échapper aux malversations, que le simple quidam sera, par détours, floué en regard de ce qu’on penser les choses justes.

 

       L’axe libertaire de ma conception du respect d’autrui se voit abusé, et celui de bien d’autres également. Je veux bien reconnaître que mon acception de la droiture soit quelque peu idéaliste. Or, qui n’attend à rien n’a rien. Il faut oser pour obtenir, il faut être audacieux pour gagner, même contre la mauvaise part des gens. Et bien des édiles le savent qui ne pensent ni n’agissent dans la droiture. C’est bien là, aussi, le problème.

       Je ne voyais qu’à un peu de réglementation, à mon esprit défendant, dans le but de pourvoir contre les mes-agissements. Une nouvelle fois on abuse de nous au lieu de cela. La politique est bien une chose pernicieuse. Jamais je n’aurai de mots assez durs.

 

       J’enrage, aujourd’hui, encore, d’en faire le constat.

Les mots que je hais

Pax

Le 8 Mai 2017

 

              Pendant très longtemps, accroché à un refus d’avaliser une république et son atout majeur, l’élection, je me suis continuellement demandé pourquoi je m’y acharnais autant. J’ai pris conscience, en fin de compte et de recompte, que c’étaient des mots qui me rebutaient surtout :

 

Le vocabulaire de la victoire et de la défaite.

 

       Vivre à la recherche d’une harmonie, que ce soit dans une nation ou au sein du monde, se passe de lutte. On se doit de poser les jalons de la paix, non ceux de la bagarre.

       Nos politiques brandissent des vocables assoiffés de sang, d’encre assassine, assènent des coups terribles arguant pourtant qu’ils veulent redonner son sens à la démocratie, parfois, écartèlent les populations à coup de préceptes couperets, de mesures lapidaires, volent aux gens leur sérénité qui pourtant les aiderait à décider en conscience. Ce sont des suppôts de la haine, ce sont des tortionnaires. Ils n’ont pas le regard de leur angélisme béat. Ils tueraient père et mère si ce n’était politiquement incorrect.

 

       Vivre demande de se vouer à l’exemplarité de la magnanimité et de poser les débats dans le calme, non de vociférer.

       Ceux qui se veulent nos guides pérorent à l’envi, pourfendent les idées tels des bretteurs, lacèrent les intentions de coups de dague, de mots violents, ils écartèlent les mots justes tels des ennemis jurés par des élans qui ressemblent plus aux cavalcades des hordes sauvages, ils bombardent, ils écrasent tout mot nouveau dès lors qu’il ne souffle pas le feu. Ils font des landes paisibles de la conciliation des terres brûlées qui sombrent à jamais dans la noirceur de leurs idées, magmas étouffants, fiels venimeux.

 

       « Là-bas, brille la paix, la rencontre des pôles

« Et l’épée du printemps qui sacre notre épaule… »

 

       L’heur de vivre réclame des mots nouveaux, des mots justes, des baumes de lettre, des douceurs de lyre. Il ne faut plus se lever avec l’intention de châtier. Il ne vaut pas de vouloir l’autre ensanglanté. Appelons les mains à se joindre, les esprits à se fondre dans la volupté, nos becs assoiffés de splendeurs à porter haut les rameaux de la félicité.

      

« Gazouillez les pinsons, à soulever le jour

« Et nous autres grinçons, pont-levis de l’amour. »

       Mais ne nous trompons pas. N’édulcorons pas le monde. Les couleurs à vivre sont à réinventer. Aucune ne doit rappeler ni les massacres ni les édens, non plus que les liqueurs de pusillanimité. Osons la force paisible de convaincre de l’ordinaire.

 

       Je les hais, les bannis, les mots de victoires et de défaites. Vivre n’est pas un combat : c’est une œuvre !

La brume au matin

Le 2 Mai 2017

 

       C’est à n’en pas douter ce que constatent nombre de gens au réveil des jours de grandes consultations : l’air, l’esprit, la conscience sont empreints d’une vision trouble. C’est même à se demander si l’air est bien respirable…

 

       Les temps des derniers siècles passés ne nous ont guère appris à nous préparer de longues vues. Sous couleurs d’ouvertures de nos droits a été forgé un carcan législatif qui ne cesse de nous enserrer. C’est le désespoir oublié des sans-culottes. Tout est érigé en faveur des nantis et des influents. On a dressé des pyramides par-dessus les droits, autant de marches à gravir avant de faire valoir ce que nous pensons nous appartenir. Qu’on les nomme Bourgeois, vaguement maîtres, porteurs de monocles et, ou de chaîne de montre au gilet, ces importants ne font jamais depuis des lustres que nous en remontrer quant aux pouvoirs que nous pourrions prendre. Nous n’avons pas su vraiment nous libérer.

       Ah certes, ceux du socialisme nous ont donné à nous garantir—bien longtemps après et sur d’âpres luttes—des avantages pour le maintien de notre sécurité (justement dite sociale) mais de fait, ils nous les ont volés. C’est après que la formule soit avancée par de libres-penseurs éclairés, décidés. Le progrès était part trop avant-gardiste, lors, ils ne furent ni suivis, ni écoutés. Et ils ne sont pas que ceux-ci que ceux-là annonçaient. Bien plus riche est le bagage que les libertaires nous ont proposé d’acquérir. Mais les voix de la remontrance précautionneuse nous en ont dissuadés. Il leur était trop précieux de ne pas nous voir nous avancer le Rouge au regard, à la langue, et le Noir aux poings.

       Regardons bien ce que nous sommes devenus ! Combien de fois nous est-il demandé de nous exprimer contre le pire plutôt qu’en faveur de la raison. Je ne sais pas même si les moutons sont si dociles que nous. Nous suivons très aveuglément les consignes. C’est pour cela que nous en sommes réduit à n’avoir de choix que dans le refus. Et nous de déplorer de telles extrémités ? Mais c’est avant tout à nous même qu’il faut nous en prendre.

       Choisissez de ne pas obéir. C’est à l’évidence ce qu’il vaut mieux faire quand la règle qu’on vous propose est injuste. Débordons les importuns par le dessous. Armons-nous d’une fière volonté de construire au-delà des fortifications qu’on nous propose. Elles n’ont de but que celui de nous contraindre, non de nous protéger. C’est en vivant bien avant, au-deçà des murailles, que nous pourrons garantir nos lendemains.

 

       Et croyez-moi : c’est un chant du vouloir bien raisonnable que je vous propose là. Dans la libre expression par avance de ce que l’on souhaite, nous nous garantissons de ne pas avoir à lutter plus que de mesure. Soyons les garants de notre liberté de respirer.

 

       Il sera trop tard, comme il l’est aujourd’hui, pour en demander la permission. Voulez ! Et ne point laissez vous contraindre.

Apolitique

Blanc-seing

 

Le 25 Avril 2017

 

 

 

            

 

       En ces temps surchargés en harangues de toutes sortes, je ne vais surtout pas ajouter un couplet prosélyte, incliner les consciences en des vues qui ne leur correspondent pas.

 

       Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue, justement, ce que nous sommes, pas plus que les prétentions que nous pouvons avoir, l’élan qu’on est en droit d’espérer pour notre vie. Foin des sonnailles de toutes cloches ! Il nous faut édifier un jour, chaque jour, le muret qui nous permet de voir au-delà de l’horizon qu’on nous promet, voire que l’on soumet à notre approbation.

 

 

 

       On nous parle de batailles, de confrontations, de vainqueurs et de grands perdants ? Mais voyons, l’argutie n’est pas une lutte guerrière ni sportive. Celui qui perd dans ces guéguerres stériles c’est le manant, celui qui pose tous les matins son regard sur la glace—ou qui n’ose même plus le faire—et se pose la lancinante question : qui croire ? qui suivre ?

 

       Mais personne, voyons ! Je me suis toujours posé en prônateur du droit et de la liberté des peuples à décider d’eux même. Plus même que des peuples : des individus. Ce n’est pas le voisin qui endosse votre vie, ce n’est pas le tribun qui examine en conscience ce qui vous manque. C’est vous. Et vous seul, individuellement.

 

       On m’objectera (ça c’est sûr il ne va pas en manquer pour le faire) qu’il faut bien une raison commune et un consensus où s’accordent les êtres d’une même nation. Nation, vous dites ? Où qu’elle se trouve, quelle que soit sa grandeur, sa renommée aux yeux des autres, il ne s’agit guère que d’une entreprise où un patron s’est arrogé le droit d’infliger à ses sbires qu’il tient pour des fifrelins sa propre volonté dans son intérêt qu’il tient pour essentiel. Il n’y a rien de raisonnable dans la nation. C’est une vue de l’esprit, une icône que l’on pense primordiale quand elle n’est en fait très vite qu’un bout de papier froissé, mâché, à force de passer en toutes les mains, qu’on se refile comme un billet de change forclos, quêtant l’illusion qu’il puisse encore convaincre. Aucun des prétendants au trône ne voudra de cet étendard. Il ne quête que la place qu’il souhaite que l’on lui offre, siège doré, protégé, enchâssé d’immunité.

 

 

 

       N’allez pas, donc, tendres vos blancs-seings à ces Merlins, magiciens de pacotille, plus souvent édiles à la solde des possédants… où qui espèrent le devenir. Votre voix est unique et non amalgamable à des courants ou suppôts de l’autocratisme.

 

       Demain, levez-vous et montrez-vous fier : vous êtes des êtres vivants, uniques, indétrônables de votre vie. Décidez ! Mais point de qui prendra les décisions à votre place.